Monsieur le Ministre,
Nous, jeunes Sénégalais — diplômés, artisans, entrepreneurs, demandeurs d'emploi — vous interpellons sur l'urgence absolue de la question de l'emploi au Sénégal. Notre génération est la plus éduquée de l'histoire du pays, et pourtant la plus précaire.
Le constat est sans appel
Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
- Plus de 200 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail
- Le secteur formel n'absorbe que 30 000 à 40 000 de ces demandeurs d'emploi
- 73% des emplois sont dans le secteur informel, souvent précaires et sans protection sociale
- Le sous-emploi touche plus de 40% des 15-35 ans
- Des milliers de jeunes risquent leur vie en prenant les pirogues vers l'Europe, faute de perspectives chez eux
Les programmes existants ne suffisent pas
Nous reconnaissons les efforts du gouvernement — DER/FJ, ANPEJ, 3FPT, PRODAC — mais force est de constater que ces dispositifs restent insuffisants face à l'ampleur du défi. Trop de programmes, trop de guichets, pas assez de résultats tangibles. Les jeunes se perdent dans un labyrinthe institutionnel sans jamais décrocher un emploi stable.
Ce que nous proposons
- Créer un guichet unique de l'emploi jeune qui fusionne les dispositifs existants et simplifie l'accès aux financements et formations
- Imposer un quota de recrutement local aux entreprises étrangères opérant au Sénégal (au moins 80% de main-d'œuvre locale)
- Réformer la formation professionnelle en l'alignant sur les besoins réels du marché : numérique, énergies renouvelables, agrobusiness, tourisme
- Faciliter la création d'entreprise en réduisant les formalités à 48h et en créant un régime fiscal simplifié pour les TPE de moins de 3 ans
- Investir massivement dans l'agriculture et la transformation locale des produits, secteurs à fort potentiel d'emploi
L'emploi ou l'exil : il n'y a pas de troisième voie
Monsieur le Ministre, chaque pirogue qui quitte nos côtes est un aveu d'échec de nos politiques d'emploi. Chaque jeune diplômé qui vend des cartes de crédit téléphonique au bord de la route est un talent gaspillé. Chaque rêve brisé est une perte pour le Sénégal tout entier.
Nous ne voulons pas de l'aide, nous voulons des opportunités. Pas de la charité, mais de la dignité par le travail.
La jeunesse sénégalaise est prête à construire ce pays. Donnez-lui les outils, et elle fera le reste.
Collectif Jeunesse Active du Sénégal