Monsieur le Ministre,
Nous, citoyens sénégalais, enseignants, parents d'élèves et acteurs de la société civile, vous adressons cette lettre ouverte pour attirer votre attention sur une inégalité criante qui hypothèque l'avenir de nos enfants : la fracture numérique dans nos écoles.
Un constat alarmant
Selon les dernières données du ministère, seules 12% des écoles primaires en zone rurale disposent d'un accès à l'outil informatique. À Kédougou, Tambacounda et Matam, des milliers d'élèves achèvent leur cycle élémentaire sans avoir jamais utilisé un ordinateur.
Pendant ce temps, les écoles de Dakar et des centres urbains bénéficient de salles multimédias, de tablettes et de connexion internet. Cette inégalité territoriale creuse un fossé entre les enfants du Sénégal, compromettant les ambitions du programme Sénégal Numérique 2030.
Nos demandes concrètes
- Équiper 500 écoles rurales en matériel informatique d'ici la rentrée 2026, en priorisant les régions de Kédougou, Tambacounda, Matam et Sédhiou
- Former 2 000 enseignants aux compétences numériques via un programme de certification reconnu
- Déployer la connectivité dans toutes les écoles via le réseau fibre ADIE ou des solutions satellitaires
- Intégrer le codage et la pensée computationnelle dans les programmes dès le CM1
- Créer un fonds national pour le numérique éducatif, abondé par les opérateurs télécoms au titre de leur obligation de service universel
L'enjeu : préparer la jeunesse sénégalaise au monde de demain
Le numérique n'est plus un luxe, c'est une compétence fondamentale. Un enfant qui quitte l'école sans maîtriser les outils numériques est condamné à rester en marge de l'économie du XXIe siècle.
Le Sénégal a les moyens et l'ambition de relever ce défi. Il ne manque que la volonté politique de faire de l'éducation numérique une priorité nationale effective, et non un slogan.
Chaque enfant sénégalais, qu'il soit né à Dakar ou à Salémata, a le droit de grandir avec les mêmes chances face au numérique.
Nous comptons sur votre engagement, Monsieur le Ministre, et restons à votre disposition pour contribuer à la mise en œuvre de ces mesures.
Les signataires de cette lettre ouverte