Monsieur le Président,
Nous, habitants de Keur Massar, Pikine, Guédiawaye et des communes environnantes, vivons chaque année le même cauchemar : les inondations. Ce n'est pas un phénomène naturel inévitable — c'est le résultat de décennies de négligence urbanistique et d'un manque d'investissements dans les infrastructures d'assainissement.
La situation est intenable
En 2024, plus de 12 000 familles ont été sinistrées dans la seule commune de Keur Massar. Des enfants ont raté plusieurs semaines d'école. Des commerces ont été détruits. Des maladies hydriques — choléra, typhoïde, paludisme — ont flambé dans les quartiers inondés.
Les solutions provisoires — motopompes, sacs de sable, relogements temporaires — ne sont que des pansements sur une plaie béante. Nous exigeons des solutions structurelles et définitives.
Ce que nous demandons
- Accélérer le PROGEP II (Programme de Gestion des Eaux Pluviales) avec un budget renforcé et des délais contraignants
- Interdire toute nouvelle construction dans les zones inondables identifiées par le Plan Directeur d'Urbanisme
- Construire 50 bassins de rétention supplémentaires dans la banlieue dakaroise avant l'hivernage 2026
- Indemniser les familles qui acceptent d'être relocalisées hors des zones à risque
- Créer un fonds permanent de résilience climatique pour les communes les plus vulnérables
Une question de dignité
Monsieur le Président, les habitants de la banlieue dakaroise ne sont pas des citoyens de seconde zone. Ils paient leurs impôts, ils participent à la vie économique du pays, ils votent. Ils méritent de vivre dans la dignité, sans la peur de voir leur maison submergée chaque année.
Nous ne demandons pas la lune. Nous demandons simplement de pouvoir dormir tranquilles quand il pleut.
Cette lettre est signée par des milliers de citoyens qui refusent de se résigner. Nous attendons des actes, pas des promesses.
Les habitants de la banlieue dakaroise